mercredi 15 juillet 2015

Chachapoyas - du 23 au 26/04

Si Huaraz nous a presque tués, Huanchaco nous a presque ressuscités !
Ces quelques jours de repos nous ont donné des ailes, et nous décidons donc de poursuivre notre route gonflés à bloc !

Première étape, Chiclayo, que nous atteignons après une matinée de bus. Cette ville est très semblable à Trujillo, au milieu du désert, entourée de ruines et à deux pas de l'océan. Nous n'y faisons cependant qu'un rapide arrêt, le temps de récupérer les informations touristiques auprès du toujours très efficace iPeru.
Le soir même, nous repartons dans un bus de nuit à destination de Chachapoyas, petite ville coincée entre les Andes et l'Amazonie.

Rue piétonne de Chachapoyas


Huaraz nous l'a appris, c'est la saison des pluies dans les Andes. Nous nous étions jurés de ne pas retourner dans la pluie et le froid.
Mais bon, vous le savez maintenant : on est des barges.

La folie débute au milieu de la nuit dans le bus. Nous dormons et n'en savons encore rien.
Au lever du soleil, alors que nous sommes censés arriver à destination, nous nous réveillons dans un bus à l'arrêt. Nous sommes pris dans une file qui s'étend à perte de vue. On se renseigne auprès des chauffeurs : route bloquée depuis 2h du matin, suite à un éboulement.



Le Pérou est un grand pays. En France, faire une déviation rallonge de quelques kilomètres. Ici, le contournement le plus proche représente un jour de voyage... on est donc forcé de patienter.

La route est dégagée vers 11h, et nous atteignons Chachapoyas en fin d'après-midi, n'ayant que le temps de trouver une auberge avant que la nuit ne tombe.

Terrassés par ce voyage déprimant, et par le retour au froid et à la pluie, nous consacrons une journée à la chaleur de la couette, ne sortant que pour faire le tour des agences de voyages et des restos.

Le lendemain nous partons pour Kuelap, énorme citadelle pré-Inca perchée à 3000 m d'altitude et unique raison de notre visite dans la région.
Il faut bien avouer que malgré la pluie, le froid, et l'accès... inaccessible justement, ce site majestueux impose le respect.



Véritable forteresse, la première plate-forme est perchée sur un plateau de 600 m de long érigé à 20 m du sol. Le mur/plate-forme de 20 m n'est ouvert que de quelques accès, d'étroits et raides escaliers ne permettant le passage que d'une personne de front à la fois.



Cette première plate-forme ne compte pas moins de 400 habitations cylindriques, certaines arborant fresques décoratives, ainsi qu'un curieux temple, unique en son genre pour sa forme de cylindre renversé.




Une seconde plate-forme, érigée sur la première, servait de résidence fortifiée aux personnages les plus importants de la cité, et abrite notamment un palais et quelques tombes, quelques ossements étant d'ailleurs toujours présents, notamment dans des niches cachées dans les murs du palais (il faut chercher dans les interstices entre les pierres pour apercevoir les ossements humains !).




Cette forteresse aurait résisté aux Incas et Conquistadors, mais aurait vu sa chute suite à une rébellion : les indigènes Chachapoyas, terrassés par les maladies apportées par les colons, auraient massacré les dirigeants et prêtres considérés responsables du mauvais sort dont ils étaient victimes, avant d'incendier la ville.




Quelques unes des fleurs de Kuelap


Avant de retourner au chaud sur la côte, nous nous laissons tenter par un second tour.

Nous partons donc visiter la grotte de Quiocta, bien moins impressionnante que celle de Toro-Toro en Bolivie, pleine de boue, mais offrant de superbes stalactites et stalagmites ...



....ainsi que les sarcophages de Karajia , sépultures des Chachapoyas à flanc de colline. De forme humanoïde, certains atteignent plus de 2,5 m de haut ! D'autres sont plus difficilement reconnaissables car abîmés par des séismes.

C'est dans cette falaise que les sarcophages sont cachés !

 



Les principales activités de la région explorées, nous repartons à Chiclayo dans un nouveau bus de nuit... rapidement bloqué par un nouvel éboulement qui survient juste deux véhicules avant notre bus !
Heureusement, les chauffeurs des différents véhicules bloqués s'entraident pour dégager un passage.
Alors que notre bus s'engage aux milieu des débris dégagés, un nouvel éboulement se déclenche ! Les graviers clapotent sur le flanc du bus et le chauffeur... s'arrête ! La gronde s'intensifie, le bus martelé de plus en plus violemment, les passagers commencent à hurler et le chauffeur remet (ENFIN !) les gaz !
Nous sortons de la zone avant qu'un drame n'arrive, et poursuivons notre route sans nouvel incident, le bus n'ayant semble-t-il pas subi de dégâts.

Cette fois, c'est définitif, plus de passage dans les Andes !

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